2e partie : Du boycott des bus de Montgomery (1955) à « I have a dream » (1963)

1955

Nonobstant ses activités de pasteur de l’église baptiste de la Dexter Avenue à Montgomery, King décroche cette année-là son doctorat à l’Université de Boston. Un événement plus important encore pour King est la naissance de sa petite fille Yolande Denise. Mais la vie de King ne change vraiment que lorsqu’éclate en décembre le boycott des bus de Montgomery. Cette action de protestation est la conséquence de l’arrestation de l’Afro-américaine Rosa Parks qui avait refusé de céder sa place dans le bus à un passager blanc. En tant que président de la Montgomery Improvement Association, Martin Luther King coordonne le boycott, qui durera plus d’un an et sera suivi par la toute grande majorité de la communauté afro-américaine de la ville.

1956

Au cours du boycott des bus de Montgomery, Martin Luther King fait l’objet d’incessantes vexations de la part des autorités locales et de membres du Ku Klux Klan, et reçoit même des menaces de mort. Mais même après une attaque à la bombe de sa maison à Montgomery, il parvient à garder son calme. Dans ses discours aussi, il appelle à réagir sans violence contre la discrimination et le racisme.
En novembre, près d’un an après le début du boycott des bus, la discrimination raciale dans les bus publics est enfin déclarée inconstitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis. Une victoire importante sur la voie vers l’égalité des droits et qui permet de lever honorablement le boycott des bus de Montgomery.

1957

Avec quelques autres activistes des droits civiques, Martin Luther King fonde la Southern Christian Leadership Conference (SCLC), dont la tâche principale est la coordination de nouvelles actions de protestation. C’est en effet une nécessité impérieuse dans les États du sud, où la violence raciste règne quotidiennement. Ainsi, à Montgomery, une attaque à la bombe est notamment lancée contre la maison de Ralph Abernathy, un des lieutenants les plus fidèles de King.

En mars 1957, Martin Luther King se rend au Ghana pour y assister à la cérémonie de l’indépendance. Sur le chemin du retour, il s’arrête à Rome, Genève, Paris et Londres pour y donner des conférences. 
Plus tard dans l’année, à l’occasion du Prayer Pelgrimage for Freedom, Martin Luther King donne une première conférence à Washington DC : « Give us the Ballot ».

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Un autre événement marque aussi cette année : la naissance de son fils Martin Luther King III.

1958

Martin Luther King publie son premier ouvrage, Stride towards freedom, où il relate l’épisode du boycott des bus de Montgomery. Au cours d’une séance de signature à New York, il se fait agresser par Izola Curry et échappe de justesse à la mort.

1959

Martin Luther King s’offre avec son épouse Coretta un voyage en Inde sur les traces de Gandhi. Il en revient plus convaincu que jamais de la pertinence de son approche non violente au sein du mouvement des droits civiques.

1960

King retourne à Atlanta d’où, en tant que président de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC), il coordonne des actions non violentes dans tout le Sud des États-Unis. Il obtient aussi plusieurs rencontres avec John F. Kennedy, élu cette année-là président des États-Unis.
En 1960, le mouvement des droits civiques entre d’ailleurs dans une nouvelle phase avec la multiplication de sit-in, souvent organisés à l’initiative d’étudiants. C’est au cours d’un de ces sit-in à Atlanta que King est arrêté. Le sit-in le plus mémorable a lieu dans un restaurant Woolworth à Greenboro (Caroline du Nord).

1961

Un troisième enfant paraît chez les King : Dexter Scott.
Entre-temps, la lutte pour l’égalité des droits ne faiblit pas. Martin Luther King soutient entre autres les Freedom Riders qui s’en prennent par leurs actions à la ségrégation raciale sur les bus fédéraux et dans les gares.

Début des actions de protestation à Albany (Géorgie). Des centaines d’activistes sont arrêtés, parmi lesquels Martin Luther King.

1962

Une année de faibles progrès, même si James Meredith réussit à obtenir comme premier Afro-américain une place à l’Université « Ole Miss » du Mississippi.

Martin Luther King entreprend la rédaction d’un nouvel ouvrage, qui paraîtra un an plus tard sous le titre Strength to Love.
Après une énième action de protestation à Albany, Martin Luther King est envoyé pour deux semaines derrière les barreaux.

1963

La famille King s’agrandit de nouveau : naissance de Bernice Albertine.
Mais il n’y a que peu de temps à consacrer à la famille, car la lutte pour les droits civiques connaît un impact de plus en plus grand sur la société américaine.

À Tuscaloosa, les deux premiers étudiants afro-américains peuvent s’inscrire à l’Université de l’Alabama. La protestation de George Wallace, le gouverneur de l’Alabama, au cours du « Stand in the schoolhouse door », reste sans effet.

À Birmingham (Alabama), les autorités locales réagissent à nouveau avec beaucoup de violence aux actions non violentes contre l’égalité des droits. Début mai, au cours de la Children’s Crusade, plus de 4 000 jeunes descendent dans la rue pour réclamer leurs droits. Beaucoup d’entre eux se retrouvent sous les verrous. Peu avant, King a lui aussi été incarcéré, et c’est de sa cellule qu’il écrit sa célèbre lettre « Letter from Birmingham Jail ».

Medgar Evers, un autre grand activiste américain des droits civiques, est assassiné en juin dans le Mississippi. Un crime raciste.

Peu après, à Detroit (Michigan), Martin Luther King parvient à mobiliser plus de 100 000 participants à la Walk to Freedom.

La marche toute pacifique de Detroit constitue une répétition générale de la March on Washington for Jobs and Freedom, qui se déroule fin août. Plus de 200 000 participants affluent vers la capitale américaine, où Martin Luther King prononce sur les marches du mémorial Lincoln son discours légendaire « I have a dream ».