3e partie : Du rêve à la réalité (1963-1968)

1963 (suite)


La March on Washington for Jobs and Freedom avec le discours « I have a dream » de King fut un événement marquant, mais pour des changements sociaux vraiment concrets, il faudrait encore attendre… Et dans un premier temps, la violence raciste du Ku Klux Klan et d’autres groupements similaires s’amplifia même encore. Le pire fut atteint avec l’attaque à la bombe de l’église baptiste de la 16th Street à Birmingham, qui coûta la vie à quatre enfants afro-américains.


Cette même année, les États-Unis connurent encore un autre cataclysme avec l’assassinat du président John F. Kennedy.

Un moment historique est incontestablement l’approbation du Civil Rights Act, la loi sur les droits civiques. Cette loi signifie un grand pas en avant pour la communauté afro-américaine, mais ne constitue pas encore l’objectif final du mouvement américain des droits civiques. Restait à écarter les mesures discriminatoires par rapport au droit de vote, comme par exemple le niveau de formation. Ce n’est qu’à ce moment-là que la communauté afro-américaine pourrait vraiment s’exprimer lors des élections, et apporter le changement dans la société américaine.



King et les autres leaders du mouvement américain des droits civiques ne désarment pas. King publie son nouvel ouvrage Why we can’t wait et coordonne entre autres des actions dans l’Alabama, en Floride et dans le Mississippi.
L’évolution des esprits et les changements en cours aux États-Unis sont suivis de près dans le monde entier, et fin 1964, Martin Luther King se voit décerner le Prix Nobel de la Paix.


1965


Lors des actions de protestation visant l’assouplissement du droit de vote, la violence reste encore trop souvent la seule réponse des autorités locales. Le 7 mars 1965 – le « Bloody Sunday » – une marche de protestation à Selma, dans l’Alabama, est brutalement dissoute.
Deux semaines plus tard, les choses prennent une autre tournure, et avec Martin Luther King et John Lewis en tête, 25 000 manifestants se dirigent à pied vers Montgomery, la capitale de l’État d’Alabama. Une marche légendaire qui aboutit quelques mois plus tard à l’approbation du Voting Rights Act.



1966


Après l’adoption de la nouvelle loi électorale en 1965, Martin Luther King déplace son terrain d’action. Il déménage pour quelques mois à Chicago, autrefois la ville la plus raciste du nord des États-Unis. À partir de ce moment, les actions de King se focalisent sur la lutte contre la pauvreté et les problèmes de logement dans la communauté afro-américaine.




En juin, Martin Luther King redescend vers le sud pour y participer, entre Memphis (Tennessee) et Greenwood (Mississippi), à la March Against Fear, une longue marche de 220 km contre le racisme.
Au cours de cette March Against Fear, Stokely Carmichael – également connu comme Kwame Ture – lance le slogan « black power ». Ce n’est pas par hasard. De plus en plus de jeunes Afro-américains commencent alors à se démarquer de l’approche non violente de King. Ils croient davantage dans l’approche extrême du mouvement Black Power.


1967


L’engagement de King pour un monde meilleur va plus loin que le combat pour l’égalité des races. Il milite pour la paix à l’échelle mondiale et s’oppose à la politique de défense américaine au Vietnam. Avec « Beyond Vietnam », il monte à New York une imposante manifestation pacifiste, ce que beaucoup d’Américains ne lui pardonneront pas…


La lutte contre la pauvreté reste également une de ses priorités, et King lance la Poor People’s Campaign qui met l’accent sur l’emploi, le salaire minimum et un logement décent pour tous les Américains.




King publie son quatrième ouvrage : Where do we go from here : chaos or community?



1968


Martin Luther King entreprend une tournée de conférences dans différentes villes américaines. À Greensboro (Alabama), il échappe à un attentat du Ku Klux Klan, mais il pressent d’autres guets-apens. C’est ce qui apparaît quelques semaines plus tard lors d’une conférence à Memphis, où King s’était rendu pour soutenir une action de protestation du personnel des services de nettoyage.



Le 4 avril 1968, un jour après son discours désormais célèbre « I have been to the mountaintop », King est abattu sur la terrasse de son hôtel à Memphis. Il a alors à peine 39 ans. L’Amérique est sous le choc et des troubles éclatent dans tout le pays.




Deux mois après le meurtre de King, l’assassin est arrêté. Mais jusqu’à ce jour, on soupçonne que d’autres personnes ont pu être impliquées dans le complot qui a conduit à cet assassinat.