Tuscaloosa (Alabama)

Tuscaloosa est le port d’attache de la presque bicentenaire Université d’Alabama, qui s’est dotée ces dernières années d’une forte image sportive. Grâce surtout aux Crimson Tides, l’équipe universitaire de football qui a déjà remporté plus de dix fois le titre national. Avec un stade pouvant contenir plus de 100 000 supporters, on imagine l’animation qui peut régner ici les jours de grandes compétitions.

Mais il y a plus que le sport à Tuscaloosa. L’University of Alabama occupe aussi une place dans l’histoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Autherine Lucy fut en 1956 la première étudiante afro-américaine à s’inscrire dans cette université à l’époque fréquentée exclusivement par des Blancs. Elle ne put cependant y rester que trois jours, conspuée et canardée d’œufs par ses condisciples. Selon le conseil d’administration, Lucy était la cause des troubles, et c’était donc elle qui devait quitter l’université…
L’étape suivante – plus réussie – dans la déségrégation de l’Université d’Alabama eut lieu en 1963, lorsque Vivian Malone et James Hood tentèrent de venir s’inscrire. Le gouverneur de l’Alabama de l’époque s’était installé devant la porte d’entrée pour leur barrer la route en personne. Mais c’était sans compter avec le président Kennedy. Celui-ci avait envoyé des agents chargés de maintenir l’ordre, de sorte que les deux étudiants afro-américains purent accéder à l’Auditorium Foster, et le gouverneur dut déguerpir.

Het Foster Auditorium

Un moment trop souvent oublié de l’épopée du mouvement des droits civiques aux États-Unis est le “Bloody Tuesday” qui se produisit le 8 juin 1964 à Tuscaloosa. Peu avant ce jour, King avait envoyé son collaborateur Rogers à Tuscaloosa pour y coordonner les actions de protestation. Avant même que celui-ci ait eu le temps d’organiser une grande manifestation, la police envahit la First African Baptist Church. Ce fut la première et unique fois que des forces de police s’attaquèrent à une église pour briser une manifestation.  Pour une documentation circonstanciée sur la manifestation de Tuscaloosa, il faut se rendre chez le coiffeur, pasteur et ancien militant Thomas Linton. Son salon de coiffure, Howard’s and Linton Barber Shop, est un vrai petit musée de photos, de coupures de presse et d’autres souvenirs de ces jours de troubles à Tuscaloosa à l’époque de Martin Luther King.

Howard’s and Linton Barber Shop

Pour plus d’informations pratiques: www.visittuscaloosa.com